Sortir de la crise


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Les attentats de Zaventem et Bruxelles le 22 mars ont sans doute achevé un travail de sape qu’avait, en juin 2015, initié le piétonnier tel qu’imaginé par le seul Bourgmestre bruxellois Yvan Mayeur. Le lockdown du mois de novembre et la fermeture de la plupart des tunnels routiers ont été autant d’éléments à charge d’un dossier déjà lourd. Bruxelles serait-elle en train de mourir ? Et pas à petit feu… Entre situation dramatique, dilution des responsabilités et absence de propositions concrètes, comment restaurer la confiance, sortir de la crise, saisir les opportunités pour changer, intégrer des logiques de développement systémiques et durables ?

Posons le problème dans son actualité : un aéroport international quasi à l’arrêt depuis des semaines, des transports en commun qui n’ont repris à 100% qu’un mois après les attentats, des tunnels dont les travaux de réfection s’étaleront sur dix ans, un piétonnier mal imaginé qui ressemble jour après jour au radeau de la Méduse… De Bruxelles à Bruges ou Spa, toute la Belgique es touchée. Mais surtout Bruxelles avec ses 20% du PIB national sur 0,5% du territoire, 700.000 travailleurs dont la moitié de Flandre et de Wallonie. 10.000 emplois sont certainement en jeu.

Un point positif, les leçons de communication politique de crise ont été apprises après le lockdown : on serre les coudes, on se retrousse les manches, on parle d’une seule voix. Bref, on arrête de jouer petits bras et chacun pour soi. Voire… Car, revers de la médaille, d’aucuns restent dans le déni ou l’autisme c’est selon. Il n’y a qu’à parcourir les presque trois cents pages de la commission parlementaire sur l’état des tunnels. Pas un mot sur l’impact socio-économique des fermetures éclaires. Ou encore sur le piétonnier, rien pour 50% de l’Horeca à deux doigts de la faillite.

Il est minuit moins une docteur Schweitzer. Faut-il rappeler l’échéance de 2025 ? La loi spéciale de financement a changé profondément la nature des budgets régionaux qui dépendront presque exclusivement des forces vives locales. Tandis que la Région peine à développer une offre attractive pour la classe moyenne qui, malgré les tunnels, file toujours autant en périphérie voir si l’herbe y est plus verte, la ville de Bruxelles s’arrange pour tuer sa poule aux œufs d’or, née du secteur touristique et du commerce. L’action doit-t-elle venir des secteurs économiques eux-mêmes ? Mais à quoi bon la politique alors ? Gare…

  © Xavier Dehan, 27 avril 2016

 Références :

http://www.rtbf.be/info/regions/bruxelles/detail_olivier-willocx-beci-10-000-emplois-risquent-de-disparaitre-a-bruxelles?id=9273633

http://www.lesoir.be/1185714/article/economie/2016-04-19/emplois-menaces-bruxelles-temps-naivete-belge-est-termine

http://www.lalibre.be/regions/bruxelles/yvan-mayeur-rejete-du-restaurant-gastronomique-cecila-lese-par-le-pietonnier-5714b13535708ea2d4a815fb

http://www.lesoir.be/119-9/article/actualite/regions/bruxelles/2016-04-24/didier-gosuin-j-implore-ville-bruxelles-changer-pietonnier

http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_rudy-vervoort-si-bruxelles-tousse-c-est-l-ensemble-du-pays-qui-est-touche?id=9279031

http://www.tijd.be/ondernemen/horeca/Helft_horeca_Brussel_in_slechte_papieren.9758726-3079.art

http://www.levif.be/actualite/belgique/encore-au-moins-dix-ans-de-travaux-dans-les-tunnels-bruxellois/article-normal-493655.html