Ubériser sa vie


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Que faut-il penser de la vague d’assaut moderne, certains disent même « barbare », que représente l’économie collaborative ou encore l’économie du partage ? Uber, Airbnb et tant d’autres depuis la Californie. Listminut et Take Eat Easy depuis chez nous. Les exemples se multiplient de manière exponentielle. Tous proposent une plateforme d’échange facile d’utilisation pour le consommateur qui devient le centre du monde, de l’expérience qu’il va vivre. Va-t-on ubériser sa vie ? Ne plus passer que par ce mode de fonctionnement qui relie, grâce au Big Data, chaque demande et chaque offre, le tout sous le dieu du ranking, car tout passe, tout lasse, tout casse.

Ne sommes-nous tout simplement pas en train de vivre la 4e révolution industrielle, celle de la dématérialisation ? Même les corps demain pourraient devenir interchangeables, si on en croit quelques futurologues ou autres spécialistes de la médecine. Force est de constater l’accélération fulgurante que représente désormais chaque avancée technologique. Pour connaître la 1ère révolution industrielle, il a fallu des dizaines d’années entre chaque trouvaille scientifique, son application industrielle puis son acceptabilité sociale. Ici, on atteint le one clic de l’innovation qui va vous ubériser, vous et ceux qui vous entourent, votre entreprise, votre travail.

Vous n’y croyez pas ? Avant son arrêt, il y avait à Bruxelles autant de taxis que de véhicules Uber (autour de 1200). Pas sûr que les tribunaux retiennent très longtemps ce système, faussement vendu comme du covoiturage, mais qui – en définitive rend d’énormes services dans la capitale de l’embouteillage. Toujours pas convaincu ? Pensez qu’Airbnb compte désormais largement plus de chambres à mettre à disposition que n’importe quel méga groupe hôtelier au monde ! Et demander au chef de votre restaurant préféré ce qu’il pense de la concurrence des opérateurs qui font rencontrer les cuisiniers d’un jour et leurs convives. On continue ? On rase gratis ?

Déloyal ! C’est le mot que prononcent en cœur, une fois n’est pas coutume, les entreprises et les syndicats de la vielle économie. Collaboratif, mais pas participatif ou solidaire si vous préférez. Comment dès lors accepter de tout perdre sans broncher : ni l’entreprise, ni le salarié n’aiment le changement, surtout que celui-ci fait peur. If you can’t beat them, joint them ? Alors, demain tous les produits et services figureront sur ces plateformes d’échanges et de rencontres éphémères ? Tous ceux qui cherchent une rémunération deviendront-ils indépendants, à la merci du client et du système? En tout cas, c’est une bonne raison pour y réfléchir en profondeur. Vite…

© Xavier Dehan, 13 février 2016

http://onlinetouch.be/beci/bruxelles-metropole—mai-2015#/4

http://trends.levif.be/economie/high-tech/numerik/qui-seront-les-prochaines-victimes-de-l-uberisation/article-normal-410287.html

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/envoye-special/video-envoye-special-ma-vie-uberisee_1287411.html

https://www.linkedin.com/pulse/la-strat%C3%A9gie-%C3%A0-10-ans-duber-airbnb-et-blablacar-emmanuel-arnaud?trk=hp-feed-article-title-share